Longtemps considéré comme un animal « facile », le lapin domestique est en réalité un compagnon sensible, intelligent et exigeant. Bien comprendre ses besoins est essentiel pour préserver sa santé et lui offrir une vie longue et équilibrée.
Le lapin est un herbivore strict, ainsi son système digestif est adapté à ce mode d’alimentation. De plus, le lapin a des dents à croissance continue, qui doivent s’user naturellement grâce à une alimentation riche en fibres. Ces particularités digestives et dentaires expliquent la plupart des problèmes de santé du lapin, d’où l’importance d’une alimentation adaptée.
Le foin constitue l’aliment principal : il doit être disponible en permanence et à volonté, propre et de bonne qualité.
Il joue un double rôle :
Maintien du transit intestinal : les fibres stimulent la motricité digestive et préviennent la stasegastro-intestinale, affection fréquente et grave chez le lapin.
Usure des dents : la mastication prolongée du foin permet une usure physiologique des dents et limite les malocclusions dentaires.
Un lapin qui consomme peu de foin s’expose à des troubles digestifs graves et à des problèmes dentaires douloureux qui nécessitent une intervention vétérinaire.
Les aliments frais complètent l’alimentation quotidienne. La verdure fraîche (herbe) complète le foin. Concernant les légumes, on peut en apporter quotidiennement, en quantité raisonnable et adaptée au poids de l’animal. Ils apportent eau, micronutriments et variété alimentaire. Cependant, ils ne peuvent à eux seuls couvrir les besoins du lapin.
Nous conseillons de privilégier les légumes à feuilles vertes comme les fanes de carottes ou radis, la salade, les endives.
Les fruits sont à donner en petite quantité, comme des friandises, une à deux fois par semaine.
Une introduction trop rapide de nouveaux aliments ou des aliments inadaptés peuvent provoquer diarrhée ou déséquilibre de la flore intestinale.
Les granulés peuvent être proposés en petite quantité, pour compléter la ration, mais ils ne doivent pas remplacer le foin. Ils doivent être distribués en deux prises quotidiennes. Ils peuvent être mélangés au foin ou placés dans des jouets d’occupation type balles distributrices. La quantité moyenne de granulés est de 20 g/kg/jour.
Certains aliments sont à éviter : pain, biscuits, céréales, pommes de terre, sucreries ou restes de table qui peuvent provoquer de graves troubles digestifs. Le laurier-rose et l’if ont une toxicité reconnue.
Contrairement aux idées reçues, le lapin ne doit pas vivre exclusivement en cage. Il a besoin d’un espace de vie suffisamment grand pour se déplacer, courir, sauter et explorer. C’est un animal très curieux et intelligent qui apprend facilement à utiliser une litière.
Son environnement doit comporter :
Un espace sécurisé est indispensable : les lapins adorent grignoter câbles électriques, plantes ou objets dangereux. Il est donc intéressant d’aménager un enclos en intérieur et/ou en extérieur.
L’enclos extérieur doit être sécurisé contre les prédateurs et disposer d’une zone abritée isolée des courants d’air et des intempéries, le lapin y étant très sensible.
La qualité et l’entretien du sol et de la litière sont indispensables pour éviter les pododermatites.
Le lapin est un animal social et curieux. Il a besoin d’interactions régulières, que ce soit avec ses humains ou, idéalement, avec un congénère compatible. Deux mâles adultes peuvent parfois se battre. Ainsi, un duo de lapins du sexe opposé reste l’idéal, en ayant bien évidemment stérilisé au moins l’un des deux.
Il apprécie les moments de liberté, les jeux et la stimulation mentale. L’ennui peut entraîner stress et problèmes de santé, destruction ou troubles du comportement.
Respecter son rythme est essentiel : le lapin n’aime pas être porté de manière brusque et peut se montrer craintif s’il ne se sent pas en confiance.
Le lapin est un animal fragile qui masque souvent les signes de maladie. Une perte d’appétit, un arrêt des crottes ou un changement de comportement doivent toujours être pris au sérieux.
Un suivi vétérinaire régulier permet :
Un lapin peut vivre 8 à 15 ans, parfois davantage. Adopter un lapin implique donc un engagement durable, du temps et un budget adapté.
Avec un environnement et une alimentation adaptés, le lapin devient un compagnon affectueux et attachant.
L’équipe vétérinaire reste à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner à chaque étape de sa vie.
02/04/2024 - Conseils du vétérinaire
Les masses sous-cutanées du rat sont souvent d’origine tumorale (tumeur mammaire, lipome…), mais il peut aussi s’agir d’une hyperplasie du tissu mammaire ou encore d’un processus infectieux comme un abcès. Cet article s’intéresse aux tumeurs mammaires. ❖ Les tumeurs mammaires du rat, qui est touché et pourquoi ?Les tumeurs mammaires chez le rat sont fréquemment rencontrées en clinique et se caractérisent par la croissance plus ou moins rapide d’une masse sous-cutanée pouvant se trouver presque n’importe où sur le corps de l’animal. En effet, la distribution du tissu mammaire étant très étendue sous la peau du rat, les tumeurs mammaires ne se localisent pas uniquement à proximité de la mamelle. Elles peuvent se déclarer autant chez le rat mâle que chez la femelle et atteindre une taille pouvant dépasser les 10 cm de diamètre. Chez la femelle la fréquence des tumeurs mammaires est plus élevée chez les individus entiers que chez les stérilisés laissant sous-entendre le rôle des hormones sexuelles dans leur développement. Les tumeurs mammaires malignes représentent moins de 25% des tumeurs mammaires du rat.❖ Quels sont les symptômes observés lors de tumeurs mammaires ?Il s’agit en général d’une masse qui se développe sous la peau, plutôt lisse, sans modification de la peau en regard et non attachée aux plans musculaires plus profonds. Cependant, en fonction de la nature de la tumeur ou de sa localisation, sa surface peut être irrégulière, la peau peut être ulcérée et il peut parfois y avoir des sécrétions lactées. La masse peut être de taille très variable et il n’est pas rare qu’elle grossisse vite (en quelques semaines). Il est donc conseillé de consulter votre vétérinaire avant que la taille ne gêne les déplacements de votre rat ou que la masse n'atteigne des structures fragiles comme l’anus ou l’urètre, les empêchant alors de fonctionner normalement.❖ Comment diagnostiquer une tumeur mammaire ?Lorsqu’un rat présente une masse sous-cutanée, le vétérinaire peut proposer une ponction de la masse à l’aiguille fine et observer les cellules récupérées au microscope. Cela peut notamment permettre de faire la différence entre un abcès et une masse tumorale. Cependant, le traitement recommandé étant l’exérèse totale de la masse, cet examen n’est pas toujours réalisé en pratique.Lors de la suspicion d’un processus tumoral, un bilan d’extension radiographique à la recherche d’éventuelles métastases pulmonaires est recommandé.❖ Quel est le traitement possible ?Le traitement de choix est le retrait total de la tumeur. En fonction de la localisation et de la taille de la masse, la chirurgie peut être rapide et simple ou plus délicate. Par exemple, les masses localisées dans le bas ventre impliquent souvent une partie de l’urètre, du vagin et/ou de l’anus de l’animal et il est parfois difficile de retirer l’ensemble de la masse sans abîmer ces structures. Les sutures sont parfois très étendues et la plupart du temps les fils sont cachés dans la peau afin de limiter le risque que le rat ne ronge ses fils. Il peut arriver qu’une partie de la plaie ne puisse pas être refermée complètement, auquel cas un pansement est mis en place pour protéger les tissus et accélérer la cicatrisation par seconde intention.En raison de la forte prédisposition des femelles entières à développer des tumeurs mammaires, il est recommandé de faire stériliser la ratte lors du retrait de la masse, lorsque c’est possible.❖ Est-ce que c’est une maladie grave ?Après l’intervention, une analyse histologique de la masse est proposée afin de déterminer la nature de la masse : quel est le type de tumeur, est-elle bénigne ou maligne ? Cela permet d’affiner le pronostic et d’anticiper les récidives et de surveiller l’apparition d’éventuelles métastases.Lorsque la tumeur est bénigne, le pronostic est bon, mais sur un animal non stérilisé, d’autres tumeurs pourront potentiellement se développer ailleurs. Lorsque la tumeur est maligne, le pronostic est réservé à sombre en raison du risque de récidives et de métastases qui peuvent être à l’origine d’une dégradation de l’état général du rat voire de sa mort à court ou moyen terme.Question curieuse : Mon/ma rat/ratte est stérilisé.e mais continue d’avoir des tumeurs mammaires, pourquoi ?Lors de récidives fréquentes des tumeurs mammaires bénignes chez un rat, et ce malgré la stérilisation, une tumeur d’une partie du cerveau, appelée l’hypophyse ou glande pituitaire, doit être suspectée. Cette glande est notamment responsable de la sécrétion d’une molécule appelée prolactine qui va activer le fonctionnement du tissu mammaire. Lorsqu’elle est tumorisée, cette glande va sécréter de la prolactine de manière anarchique et entrainer une croissance anormale du tissu mammaire favorisant le développement d’une tumeur. Ce phénomène est appelé « complexe prolactinome ». Cette tumeur du cerveau peut parfois être soignée, de manière temporaire, avec un médicament administré à vie. Mais il n’est pas toujours efficace et la tumeur est vouée à moyen terme à échapper au traitement. Le pronostic de cette maladie est globalement sombre à moyen terme. Références :QUESENBERRY KE, CARPENTER JW. Ferrets, Rabbits and Rodents Clinical Medicine and Surgery. 4th ed. Saunders WB. 2020 : 656pVERGNEAU-GROSSET C, KEEL MK, GOLDSMITH D, et al. Description of prevalence, histologic characteristics, concomitant abnormalities, and outcomes of mammary gland tumors in companion rats (Rattus norvegicus) : 100 cases (1990-2015). J Am Vet Med Assoc, 2016 ; 249(10):1170-1179.