Les leishmanies sont transmises lorsqu’un phlébotome femelle contaminé pique pour se nourrir de sang (les phlébotomes sont des petits moustiques). Les leishmanies inoculées sont capturées par des cellules de l’immunité (des macrophages) qui se déplacent dans tout l’organisme. Ces cellules peuvent ensuite se localiser dans différents tissus ou organes et provoquer des symptômes de la maladie. Cependant la majorité des chiens infectés par les leishmanies ne vont pas développer de signes cliniques.
En France, la maladie est présente là où se trouvent les phlébotomes, à savoir dans le sud de la France, surtout le pourtour méditerranéen. L’infection se fait pendant la période d’activité des moustiques entre avril et octobre. Cependant depuis une dizaine d’années, des cas sont répertoriés partout en France, les changements climatiques permettant aux phlébotomes d’agrandir leur zone de répartition.
Plusieurs symptômes sont associés à la leishmaniose, mais les chiens malades présentent généralement un amaigrissement progressif associé à une perte musculaire.
Symptômes cutanés : nodules, pyodermite (infection de la peau), ulcérations cutanées et muqueuses, pertes de poils. Ces lésions sont localisées autour du museau, des oreilles, des pattes et du tronc.
Symptômes généraux : perte de poids, faiblesse, polyadénomégalie (plusieurs ganglions sont volumineux), fièvre, anémie
Autres symptômes : insuffisance rénale, oculaires (conjonctivite, uvéite), saignement de nez, boîteries
Il faut bien distinguer, les chiens exposés ayant vécu dans une région où la leishmaniose est présente, les chiens infectés porteurs de leishmanies (et pas forcément malades) et les chiens malades ayant des symptômes de leishmaniose. Plusieurs tests diagnostiques sont possibles sur les lésions ou dans la moelle osseuse (histologie, cytologie, PCR), et dans le sang pour mettre en évidence les anticorps. Cependant le diagnostic reste délicat, car les chiens infectés (porteurs mais non malades) peuvent également développer d’autres maladies et la mise en évidence des parasites n’est pas toujours évidente.
Malheureusement, les chiens ne guérissent pas ou rarement de la leishmaniose. Le traitement permet toutefois d’avoir des périodes de rémission clinique et de prolonger l’espérance de vie. Il s’agit d’une association entre un médicament vétérinaire (à base d’antimoniate de méglumine) et un médicament humain (à base d’allopurinol). Il doit être pris quotidiennement pendant plusieurs mois.
L’insuffisance rénale est la conséquence la plus grave de cette maladie et reste la principale cause de mortalité.
Dans les zones où la circulation du parasite est présente, la prévention consiste essentiellement à éloigner les phlébotomes par l’usage d’antiparasitaires externes (colliers ou pipettes adaptés). On évitera également que le chien ne sorte quand les phlébotomes sont actifs, c’est-à-dire du crépuscule à l’aube. Un vaccin est également recommandé pour les zones endémiques. Il n’empêche pas l’infection, mais permet de réduire le risque de développer des signes cliniques. Parlez-en à votre vétérinaire.
Bibliographie :
Leishmaniose : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
La leishmaniose chez le chien : causes, symptômes, pronostic - Santévet
La leishmaniose du chien (Mise à jour 2026) - Consultations en Dermatologie Vétérinaire
BRIFFOD Cécile. Revue actuelle en matière de leishmaniose canine. Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Toulouse 3, 2011.
MALATERRE Barbara. Étude rétrospective des cas de leishmaniose canine à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse entre 2010 et 2023. Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Toulouse 3, 2023
02/04/2024 - Conseils du vétérinaire
Les masses sous-cutanées du rat sont souvent d’origine tumorale (tumeur mammaire, lipome…), mais il peut aussi s’agir d’une hyperplasie du tissu mammaire ou encore d’un processus infectieux comme un abcès. Cet article s’intéresse aux tumeurs mammaires. ❖ Les tumeurs mammaires du rat, qui est touché et pourquoi ?Les tumeurs mammaires chez le rat sont fréquemment rencontrées en clinique et se caractérisent par la croissance plus ou moins rapide d’une masse sous-cutanée pouvant se trouver presque n’importe où sur le corps de l’animal. En effet, la distribution du tissu mammaire étant très étendue sous la peau du rat, les tumeurs mammaires ne se localisent pas uniquement à proximité de la mamelle. Elles peuvent se déclarer autant chez le rat mâle que chez la femelle et atteindre une taille pouvant dépasser les 10 cm de diamètre. Chez la femelle la fréquence des tumeurs mammaires est plus élevée chez les individus entiers que chez les stérilisés laissant sous-entendre le rôle des hormones sexuelles dans leur développement. Les tumeurs mammaires malignes représentent moins de 25% des tumeurs mammaires du rat.❖ Quels sont les symptômes observés lors de tumeurs mammaires ?Il s’agit en général d’une masse qui se développe sous la peau, plutôt lisse, sans modification de la peau en regard et non attachée aux plans musculaires plus profonds. Cependant, en fonction de la nature de la tumeur ou de sa localisation, sa surface peut être irrégulière, la peau peut être ulcérée et il peut parfois y avoir des sécrétions lactées. La masse peut être de taille très variable et il n’est pas rare qu’elle grossisse vite (en quelques semaines). Il est donc conseillé de consulter votre vétérinaire avant que la taille ne gêne les déplacements de votre rat ou que la masse n'atteigne des structures fragiles comme l’anus ou l’urètre, les empêchant alors de fonctionner normalement.❖ Comment diagnostiquer une tumeur mammaire ?Lorsqu’un rat présente une masse sous-cutanée, le vétérinaire peut proposer une ponction de la masse à l’aiguille fine et observer les cellules récupérées au microscope. Cela peut notamment permettre de faire la différence entre un abcès et une masse tumorale. Cependant, le traitement recommandé étant l’exérèse totale de la masse, cet examen n’est pas toujours réalisé en pratique.Lors de la suspicion d’un processus tumoral, un bilan d’extension radiographique à la recherche d’éventuelles métastases pulmonaires est recommandé.❖ Quel est le traitement possible ?Le traitement de choix est le retrait total de la tumeur. En fonction de la localisation et de la taille de la masse, la chirurgie peut être rapide et simple ou plus délicate. Par exemple, les masses localisées dans le bas ventre impliquent souvent une partie de l’urètre, du vagin et/ou de l’anus de l’animal et il est parfois difficile de retirer l’ensemble de la masse sans abîmer ces structures. Les sutures sont parfois très étendues et la plupart du temps les fils sont cachés dans la peau afin de limiter le risque que le rat ne ronge ses fils. Il peut arriver qu’une partie de la plaie ne puisse pas être refermée complètement, auquel cas un pansement est mis en place pour protéger les tissus et accélérer la cicatrisation par seconde intention.En raison de la forte prédisposition des femelles entières à développer des tumeurs mammaires, il est recommandé de faire stériliser la ratte lors du retrait de la masse, lorsque c’est possible.❖ Est-ce que c’est une maladie grave ?Après l’intervention, une analyse histologique de la masse est proposée afin de déterminer la nature de la masse : quel est le type de tumeur, est-elle bénigne ou maligne ? Cela permet d’affiner le pronostic et d’anticiper les récidives et de surveiller l’apparition d’éventuelles métastases.Lorsque la tumeur est bénigne, le pronostic est bon, mais sur un animal non stérilisé, d’autres tumeurs pourront potentiellement se développer ailleurs. Lorsque la tumeur est maligne, le pronostic est réservé à sombre en raison du risque de récidives et de métastases qui peuvent être à l’origine d’une dégradation de l’état général du rat voire de sa mort à court ou moyen terme.Question curieuse : Mon/ma rat/ratte est stérilisé.e mais continue d’avoir des tumeurs mammaires, pourquoi ?Lors de récidives fréquentes des tumeurs mammaires bénignes chez un rat, et ce malgré la stérilisation, une tumeur d’une partie du cerveau, appelée l’hypophyse ou glande pituitaire, doit être suspectée. Cette glande est notamment responsable de la sécrétion d’une molécule appelée prolactine qui va activer le fonctionnement du tissu mammaire. Lorsqu’elle est tumorisée, cette glande va sécréter de la prolactine de manière anarchique et entrainer une croissance anormale du tissu mammaire favorisant le développement d’une tumeur. Ce phénomène est appelé « complexe prolactinome ». Cette tumeur du cerveau peut parfois être soignée, de manière temporaire, avec un médicament administré à vie. Mais il n’est pas toujours efficace et la tumeur est vouée à moyen terme à échapper au traitement. Le pronostic de cette maladie est globalement sombre à moyen terme. Références :QUESENBERRY KE, CARPENTER JW. Ferrets, Rabbits and Rodents Clinical Medicine and Surgery. 4th ed. Saunders WB. 2020 : 656pVERGNEAU-GROSSET C, KEEL MK, GOLDSMITH D, et al. Description of prevalence, histologic characteristics, concomitant abnormalities, and outcomes of mammary gland tumors in companion rats (Rattus norvegicus) : 100 cases (1990-2015). J Am Vet Med Assoc, 2016 ; 249(10):1170-1179.